N’allez pas réveiller le bon docteur Freud pour si peu : c’est juste que les chansons présentées brut de fonderie sur disque étaient prévues pour intégrer un spetacte mêlant théâtre et chansons, et l’on n’avait pas, dans ce contexte, saisi tout leur sel. L’aspect théâtral manquant, on avait tout simplement sous-estimé le potentiel de ces chansons. Ce soir, c’est tout à fait différent : chaque chanson prend vie, et sert l’argument ou l’action d’un personnage. C’est en les voyant en situation, ce soir, interprétées par les quatres comédiens—chanteurs du soir (JP Nataf, qui interprète le fameux imbécile, Barbara Carlotti, Bertrand Belin et Armelle Pioline, connue pour être la chanteuse d’Holden), on se rend compte qu’elles récèlent une vraie poésie intrinsèque. L’argument de la pièce (sans vrai rembondissement) tient sur un timbre poste : quatre quadragénaires dinent en évoquent les souvenirs (notamment musicaux, comme en témoigne la reprise de « Ivory Madonna » de UB40, savoureuse il faut en convenir) en attendant une convive-Arlésienne prénommée Margaret.