Accueil
-

Le calme trompeur de l’après-guerre
Avec « Les Maisons parachutées », Didier Daeninckx remonte le temps jusqu’à une France provinciale du début des années 50 où les morts de la guerre ne sont pas encore tout à fait morts. Une enquête lente, précise, qui se savoure chapitre après chapitre et dont le titre ne révèle son sens qu’à la dernière page.
-

Le grand bleu intérieur
Un trésor liquide, un album qui vous avale doucement avant de vous recracher ailleurs, quelque part entre la surface et l’inconnu. N’oubliez pas de remonter et pensez à faire des paliers.
-

Trois heures quinze pour apprendre à prendre le temps
Trois heures quinze sur la fin de vie, les soins palliatifs, le travail et le capitalisme ? Sur le papier, « Soudain » aurait de quoi faire fuir. Pourtant Ryūsuke Hamaguchi signe un film étonnamment léger, porté par une rencontre et une amitié qui donnent envie, comme ses personnages, de continuer à parler.
-

Gregor, les éclairs et… les pigeons
Avec Gregor, Jean Echenoz s’inspire très librement de Nikola Tesla pour raconter un homme dévoré par ses inventions, qui semble progressivement se retirer du monde. Un roman tendre et légèrement acide sur l’obsession, le génie qui ne rapporte pas forcément d’argent et les pigeons.
-

Bojarski, un faussaire trop honnête
Avec « L’Affaire Bojarski », Jean-Paul Salomé retrace la vie de l’ingénieur polonais surnommé « le Cézanne de la fausse monnaie ». Porté par un Reda Kateb tout en retenue, le film séduit par son sérieux. Mais à force de rectitude, il oublie de faire trembler le vrai.
-

Le malaise bien au chaud
Derrière son trait faussement léger et son succès critique, « Au-dedans » raconte moins la solitude contemporaine qu’une certaine manière, très occidentale et masculine, de la mettre en récit. Un album sensible, oui, mais aussi un objet très maîtrisé, qui dit autant ce qu’il montre que ce qu’il évite soigneusement.
-

Sacré joystick
Nonne en pleine crise de foi, humour noir, critique implicite des autorités religieuses et voyage métaphysique dans une Russie alternative du XIXᵉ siècle : « Indika » ose des audaces rares dans le jeu vidéo, mais se heurte à ses propres ambitions.
-

Labradford, poètes du minimalisme
Labradford, c’est l’évanescence érigée en art. Trio américain originaire de Richmond, Virginie, formé par Mark Nelson, Carter Brown et Robert Donne, ils ont redéfini le post-rock dans les années 90 en lui retirant ses derniers atours rock. Loin des envolées lyriques d’un Mogwai ou des compositions mathématiques d’un Tortoise, Labradford a déployé un art du murmure et de la lenteur, où chaque note semble suspendue dans l’espace.
-

La transformation selon Aaron Shaw
Pour décrire cet album, Pitchfork a dit qu’il est recommandé si vous aimez « Ptah, the El Daoud, Mwandishi, la musique comme force de guérison, la théosophie, un jazz essentiellement organique avec de temps en temps un petit synthé qui fait des gribouillis, des interprétations de Chick Corea et de Kendrick Lamar ». On pourrait ajouter : les nuits brumeuses de Los Angeles, Alice Coltrane, les voyages intérieurs et cette idée, assez ancienne dans le jazz, que jouer de la musique revient parfois à tenter de remettre le monde en ordre.
