Banjour tristesse

Banjour tristesse
Après une décennie égarée dans l’auto-tune, Kurt Wagner revient à l’os, escorté d’un banjo inattendu.

Sur Internet circule une affichette : « Cours de banjo », avec en bas une rangée de languettes à détacher, toutes marquées « Non merci ». Kurt Wagner, lui, a dit oui. Le patriarche de Nashville, qui avait commencé en country alternative avant de toucher la grâce avec « Nixon », « Is a Woman » et le double « Aw C’mon » / « No You C’mon », s’était ensuite perdu dans des machines à voix trafiquées. Le voilà revenu à l’essentiel : une voix, une guitare, un chœur, et le banjo de Justin Vernon. Ironie délicieuse : c’est l’héritier de Bon Iver, prince de l’auto-tune, qui ramène l’ancêtre à la voix nue. Enregistré en trois jours dans le Wisconsin, l’album est né d’un vieux gospel country entendu à la radio en allant faire le plein, et en garde la ferveur fragile. Le banjo ne fait jamais fuir ici : il pince, il veille, il console. Pour une fois, on ne déchirera pas la languette.

★★★★☆

Lambchop « Punching the Clown » (City Slang), 2026

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Jean-Marc Grosdemouge

J-Marc Grosdemouge

Né en 1975 à Belfort, Jean-Marc fait de la radio depuis l'âge de 13 ans : radios associatives en Franche-Comté, puis RTL, où il a été chroniqueur régulier de « On en parlera demain », et France Inter pour « Les Nuits de l'été ». Titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine consacrée à la radio, il a aussi été enquêteur pour l'émission Capital. Ancien rédacteur en chef de M-la-Music.net, il a fondé A-C-I-D Magazine en 2017.

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