Après nous, les oiseaux
L’humanité a disparu, la nature a repris la main, et de minuscules oiseaux tentent de rebâtir une communauté au milieu de nos ruines. Avec « The Merlies », l’apocalypse se fait promenade bucolique, sans effacer les traces de notre passage.
Les ruines de notre civilisation ont longtemps servi de terrain de jeu aux survivants armés jusqu’aux dents, aux zombies et aux héros persuadés qu’il fallait sauver ce qui pouvait l’être. « The Merlies » regarde ailleurs. Plus un humain à l’horizon : de petits oiseaux doivent retrouver leurs semblables. Mais aussi bâtir leur village et fouiller les vestiges d’une civilisation dont ils héritent sans en connaître l’histoire. Le décor est postapocalyptique, l’ambiance tient plus du refuge champêtre que du cauchemar nucléaire.
Sorti le 29 septembre sur PC et Switch, signé Darjeeling et Blue Ramen en coproduction avec ARTE France, le jeu est un metroidvania sans combats : exploration, plateformes, construction. Chaque Merlie a ses talents, qu’il faut mettre à profit pour avancer et rassembler la petite troupe. D’un côté, les traces d’un monde éteint ; de l’autre, des créatures minuscules, des couleurs accueillantes et une nature qui a repris ses quartiers.
La fin du monde, côté plumes
L’apocalypse n’est plus le spectacle de notre propre effondrement, mais l’occasion d’imaginer ce qui pourrait pousser sur les décombres. L’idée a une portée écologique évidente : apprendre à vivre ensemble, gérer les ressources, composer avec un environnement qui garde nos marques. Un changement de perspective bienvenu, à rebours des récits où reconstruire revient à rétablir l’ordre ancien.
Reste que le charme ne fait pas tout. Les premiers tests sont partagés : si l’univers séduit, d’autres relèvent des plantages, une prise en main frustrante (grappin timide, sauts qui flottent) et des décors qui s’étirent à mesure qu’on avance. Des défauts qui pèsent lourd pour un jeu où la fluidité est reine.
Au milieu des débris de notre passage, ces oiseaux cherchent leur place. Sans viser celle de maîtres du monde. Une perspective modeste, malicieusement utopique, qui suffit à déplacer le regard. Après tout, la fin de notre histoire n’est peut-être que le début de celle des autres.
★★★☆☆
