Premier album, premières audaces : Ehua plonge dans la bass music avec des beats fracturés, des voix fragiles et des respirations électroniques. « Panta Rei » ne suit aucune règle, mais annonce déjà un univers singulier et prometteur.
Étiquette : 2025
Journal intime en apesanteur, « Baby » capte Dijon au moment précis où l’émotion déborde la forme : un disque fragile, domestique, traversé de cassures et d’élans inaboutis, qui préfère la vibration de l’instant à la solidité des chansons.
Un disque taillé au scalpel, où Navy Blue transforme ses failles en prises d’escalade et grimpe sans filet entre ombre et lumière. Une montée sèche, tendue, qui tranche et soulève tout à la fois. Bleu Marine a touché le fond de la piscine, et c’est de là qu’il remonte, lame entre les dents, avec un disque qui fend l’eau et perce la surface d’un seul geste.
Avec « Collide », Leif transforme l’électronique en chambre d’échos émotionnelle : un disque de frottements, de souvenirs mal rangés et de matières sonores qui s’entrechoquent sans jamais se neutraliser. Un album discret, mais majeur, qui confirme l’art singulier du producteur britannique à faire de l’accident une esthétique et du fragment une forme de grâce.
Nouvel objet pop de This Is Lorelei, « Holo Boy » tient davantage de l’anthologie réinventée que de l’album classique : dix titres réenregistrés, puisés dans le vaste catalogue Bandcamp de Nate Amos (2014-2021), enfin réunis en une collection cohérente où s’affirme une voix singulière de l’indie américain.
Dans un village isolé des Hautes‑Alpes à la fin du XIXᵉ siècle, une institutrice tente d’enseigner la liberté de penser. Louise Hémon signe un premier long métrage où neige, vent et solitude deviennent autant de personnages, entre réalisme social et fable poétique.
« Balloon Balloon Balloon » : derrière ce titre presque enfantin, le trio américain poursuit sa veine jangle-pop artisanale, quelque part entre l’exubérance des Byrds période « Mr. Tambourine Man » et la rudesse très home-made d’un Guided by Voices des années Matador.
Un album sans lumière au bout du tunnel, mais avec une certitude sourde : certaines voix, même cabossées, refusent de disparaître. Ni les balles, ni le temps, ni le succès n’ont eu raison de Conway The Machine, qui transforme la survie en manifeste et le rap en acte de persistance.
Entre cavale, enquête et chronique intime, Kleber Mendonça Filho filme dans « L’Agent secret » le Brésil de 1977 comme un état de tension permanente. Un thriller politique habité par la mémoire, la peur ordinaire et le cinéma comme refuge.
Incantatoire, rugueux, profondément incarné, « The New Eve Is Rising » affirme The New Eves comme bien plus qu’un groupe : un collectif en état de transe, qui puise dans des gestes archaïques pour opposer au présent saturé une musique de corps, de voix et de brûlure.
