Même si l’Italie n’est pas ultra représentée dans la pop, il existe néanmoins dans la péninscule une scène aventureuse. Pour preuve, la fille de Baffo Banfi, claviériste de Biglietto per l’Inferno, groupe culte du progressif des années 70, vient de sortir avec « La Maccaia » un album aussi aérien qu’étrangement habité.
Étiquette : 2025
Derrière son trait faussement léger et son succès critique, « Au-dedans » raconte moins la solitude contemporaine qu’une certaine manière, très occidentale et masculine, de la mettre en récit. Un album sensible, oui, mais aussi un objet très maîtrisé, qui dit autant ce qu’il montre que ce qu’il évite soigneusement.
YHWH Nailgun livre un disque qui refuse obstinément de s’expliquer. Dix titres, un peu plus de vingt minutes, et l’impression d’avoir traversé un espace clos où l’air se raréfie vite. Appelons-le album, EP long ou manifeste compact, peu importe. Ce qui compte, c’est la densité.
« Something Soft » promet l’apaisement mais livre l’inverse : un disque anguleux, bruyant, râpeux, qui transforme la fatigue politique en énergie sonore. Le groupe dublinois y affine une colère déjà très lisible sur leur précédent album, sans la diluer ni la rendre décorative.
L’album « Essex Honey » est arrivé ans fracas, sans slogan, lesté d’un poids intime qui n’a pas besoin d’être surligné. Après plusieurs années de silence discographique sous le nom de Blood Orange, Dev Hynes signe son album le plus retiré -et peut-être le plus bouleversant. Un disque de deuil, oui, mais surtout un disque d’après.
Avec « Interior Live Oak », l’Américain ne publie pas tant un album qu’il n’ouvre un carnet. Pages intimes, routes prises trop vite, mythes réduits à l’état de notes : un disque écrit à voix basse, qui préfère laisser des traces plutôt que construire un récit.
Chant spectral, arrangements réduits à l’os, tension sourde : avec « Night CRIÚ », Hilary Woods signe un disque de revenance. Une œuvre nocturne, opaque, qui ne cherche ni la consolation ni la lumière, mais l’endroit précis où l’on continue de veiller malgré tout.
Un disque qui parle bas dans un monde saturé de voix. Bon Iver abandonne les architectures conceptuelles et les faux vertiges pour une folk dépouillée, fragile, presque à vif. « SABLE, fABLE » capte l’instant d’après : celui où l’on ne cherche plus à impressionner, seulement à tenir.
Alors que la britpop est devenue une rente nostalgique, Pulp signe avec « More » un album tardif, léger et étonnamment revigorant. Sans chercher le retour triomphal ni la posture patrimoniale, Jarvis Cocker et les siens rappellent qu’ils furent là avant tout le monde -et qu’ils savent encore écrire des chansons qui font du bien.
Né en Chine, installé à Édimbourg, Kanetaker mixe UK garage, grime, bassline et dubstep avec un sens aigu du groove et de la basse lourde. « Menacing » en est une démonstration sèche, presque programmatique. Un titre qui avance à pas lourds, tendu, construit autour d’une ligne de basse épaisse et d’un rythme anguleux, comme tenu en laisse.
