« What happened to the streets ? », il se passe quoi dans la rue ? Chez 21 Savage, ce n’est ni une formule nostalgique ni une posture de vétéran grincheux. C’est une interrogation sourde, presque inquiète, qui traverse son œuvre depuis plusieurs années et qui dit moins la disparition d’un lieu que la mutation d’un imaginaire : celui du rap, de la rue, et de la manière dont on les raconte.
Étiquette : 2025
Jérôme Bonnell ausculte une tragédie bourgeoise fondée sur la servitude, le silence et l’abus de pouvoir. Sans cris ni slogans, à hauteur de gestes, de silences et de places assignées, « La Condition » filme la domination là où elle s’exerce le plus sûrement, derrière les rideaux épais d’une grande maison, et interroge ce que signifie tenir son rôle dans un monde qui ne laisse guère d’alternatives.
Dans le silence d’un salon et les interstices d’une famille en déséquilibre, Anna Cazenave Cambet explore l’après‑coup d’une vérité intime. Pas de flambée ni de scandale : juste une femme qui dit qu’elle aime les femmes, et un monde qui se dérègle autour d’elle. Un film subtil, tendu et nécessaire, qui s’inscrit dans la lignée du cinéma queer français.
Si 2025 doit retenir un disque qui danse sur le fil du désir et de l’identité, c’est bien celui-ci. Amaarae n’invite pas à écouter : elle ordonne de bouger, de se perdre, de se retrouver. Et dans l’ombre des stroboscopes, on comprend que la fête est sa manière de raconter le monde : complexe, lumineux, effervescent et radicalement vivant.
Une BD qui pose la question du désir quand le corps change d’âge : tendre, troublante, parfois drôle et toujours sensible. « Les oies cendrées » tient sa ligne sans complaisance ni pathos, et c’est précisément ce qui la rend nécessaire.
Ce « Canto Due » marque le retour – miraculeux, après des années de chaos – de la trilogie initiée par « Canto Uno ». Un film attendu, chahuté, critiqué… et qui renoue avec l’obsession sensuelle et l’ambition narrative du réalisateur Abdellatif Kechiche. Mais après le tumulte, que reste-t-il ?
Un voyage percussionniste à l’esprit grand ouvert, entre transe fragile et textures hypnotiques. Joe Westerlund signe un album dense, parfois chancelant, où chaque groove semble titiller le temps et l’espace.
Fabiano do Nascimento « Cavejaz » (Leaving Records, 2025)
Un Britannique qui ne cherche pas à séduire en surface, mais sculpte le son comme on travaille le métal ou la pierre. Chaque percussion est un impact, chaque texture un souffle qui s’immisce dans le corps.
« On Falling » et « Les Braises » ne redonnent pas la parole aux petites gens, formule paternaliste dont ils n’ont que faire. Ils montrent ce que le cinéma ne regarde plus : des existences tenues par des gestes répétés, des horaires impossibles, une responsabilité écrasante et un espoir qui ne s’avoue pas. Et, en creux, ils posent la question : à quel moment a-t-on cessé de considérer ces vies comme dignes de fiction ?
