Sur « Son of Spergy », Daniel Caesar livre un album confessionnel, humble et puissant : un
Étiquette : 2025
Oneohtrix Point Never « Tranquilizer » (Warp Records), 2025
Le sacré mais pas les dogmes : celui qu’on fabrique soi-même, à la force du doute et de la vision. Avec « LUX », enregistré avec le London Symphony Orchestra sous la direction de Daníel Bjarnason et qu’elle produit elle-même, elle ne signe pas seulement un album ambitieux — elle impose un nouvel espace, quelque part entre opéra, liturgie et pop expérimentale.
Après plusieurs albums où la mélancolie flirtait avec l’électronique glaciale, Austra revient avec « Chin Up Buttercup », un disque où la douleur se danse et se chante. Katie Stelmanis transforme les blessures intimes en pulsations électro, et chaque morceau devient un exutoire à la fois intime et collectif, entre confession et catharsis lumineuse.
« Electric Miles, tome 1 : Wilbur » marque le grand retour de Fabien Nury et Brüno dans un univers métissé entre polar, science-fiction et mysticisme.
François Ozon s’attaque à un monument de la littérature française, « L’Étranger » d’Albert Camus, et le fait avec une audace rare. Adapter ce roman, c’est se mesurer à une écriture sèche, lumineuse et philosophique, où chaque mot semble pesé pour ne rien dire de superflu. Ozon ne choisit pas la facilité : il ne cherche pas à “rendre Camus accessible”, mais à rendre visible ce que Camus avait rendu insaisissable, à savoir le détachement radical d’un homme face au monde.
Kirill Serebrennikov filme un monstre au plus près et signe un portrait glaçant de Josef Mengele, insensible à ses crimes. Un film dérangeant sur l’impunité et le vertige moral.
Révélée chez Kechiche (« La Graine et le Mulet »), Hafsia Herzi, qui n’en est pas à son coup d’essai, signe un récit sensible sur l’éveil de Fatima, jeune femme tiraillée entre désir et religion. La Petite Dernière trace le fragile chemin de son émancipation, incarnée par la révélation Nadia Melliti, primée à Cannes.
Après la rave, le désert : « Sirāt » bouscule le spectateur dans un voyage mystique et charnel. Laxe filme la responsabilité, la foi et la peur comme des forces naturelles. C’est beau, brutal, et ça laisse des traces.
Un disque à ranger dans la discothèque des gens exigeants, entre Programme et Expérience, pas loin non plus de Joy Division, The Cure, The Chameleons. Vous avez déjà tous bijoux de 4AD (Bauhaus, This Mortal Coil, Dead Can Dance) ? Ce coup de coeur aux plaisir inconnus est un diamant noir de plus.
