De la « Dragueuse de fond » au « Lit de la rivière » qui ouvre cet album, il aura fallu attendre quatre ans. Quatre ans à réécouter le précédent album, ainsi que « Naïf comme le couteau », sorti en 1997 (sur un label qui eut tôt fait de couler) et son successeur, en espérant qu’Alexandre Varlet n’ait pas remisé pour de bon sa guitare dans son étui.
Étiquette : Coup de coeur
Blonde Redhead n’a pas toujours publié ses disques chez 4AD, mais il faut constater que depuis que le trio a rejoint ce label, sa pâte sonore a considérablement évolué vers des ambiances à la Cocteau Twins. Il y a chez la longiligne Kazu une voix aussi fascinante que celle de Liz Frazer (et il est dommage qu’elle quitte parfois le micro pour le confier à l’un de ses compères).
Johann Johannsson « IBM 1401, A User’s Manual »1 CD (4AD/Beggars), 2007
Imaginez un vieux film hollywoodien en noir et blanc. Accoudée au bar, une jolie brune
C’est une éclosion que l’on avait vu venir, depuis l’époque où Mayra Andrade, jolie Cap-Verdienne tout juste sortie de l’adolescence, était encore un bourgeon qui n’avait pas trouvé sa pépinière discographique (voir notre portrait). Déjà, elle enchantait les salles avec son répertoire de mornas, de batuques et de coladeras, sorte de grammaire intime de l’émotion, dont elle sait tirer à chaque fois le meilleur.
Premier album d’un groupe français très prometteur, emmené par Nicolas Ker, digne rejeton de Ian Curtis, tant vocalement que pour les ambiances sombres.
Luke Temple « Hold a match for a gasoline world » (Fargo Records/Naïve)
Gregor Samsa explore les paradoxes d’une musique à la fois austère et intensément émotive. Entre montées en tension dignes de Mogwai et harmonies vocales rappelant Low, le groupe kafkaïen tisse un univers où la noirceur anthracite devient lumineuse. Loin des clichés, ces compositions, fragiles et puissantes à la fois, offrent un voyage introspectif, porté par une sensibilité à fleur de peau.
D’aucuns (« Les Inrocks » en fait) la considèrent comme la « mère spirituelle des Antony, Devendra et Cocorosie. » On se râcle la gorge, comme les gens qui vont dire quelque chose de désagréable et on le dit tout net : il y a malaise. On argumentera simplement que Chan Marshall n’a pas toujours su donner des concerts aussi palpitants que ceux d’Antony. On l’a vue à la Boule Noire, on n’est pas restés longtemps (voir notre article).
