Étiquette : piano

E.S.T. : carrément à l’E.S.T.

E.S.T. : carrément à l’E.S.T.

Epiphanies : L’an passé, j’ai beaucoup aimé « Shining on you », l’album de Viktoria Tolstoy sur lequel tu as travaillé. J’ai pensé que ton prochain album personnel serait une collection de popsongs. Mais ce n’est pas le cas. As-tu déjà pensé à ajouter des voix à la musique du trio ?

Brad Mehldau « Largo »

Brad Mehldau « Largo »

Si le génie, chez un artiste, consiste à savoir se renouveler sans cesse, alors oui, l’américain Brad Mehldau a bien du génie. Enregistré sous la houlette du producteur pop Jon Brion, « Largo » (le nom de la salle de Los Angeles où se produisait ce dernier) risque de déconcerter ceux qui ne voient en Mehldau qu’un romantique fragile et maniéré.

Brad Mehldau « Progression. The art of the trio volume 5 »

Brad Mehldau « Progression. The art of the trio volume 5 »

Voici que paraît le cinquième volume déjà de « l’art du trio », série avec laquelle le pianiste américain Brad Mehldau a ravi au rock une partie de son public à coup de reprises des Beatles ou de Radiohead, et de compositions personnelles romantiques et inspirées. Et l’on peut dire que cet artiste est prolifique : après le volume 4 de « l’Art du Trio » en 1999 (enregistré au Village Vanguard), et « Places » l’année passée (en partie constitué de morceaux en solo), voici un album double.Et il est rempli rempli de ce spleen si cher à Brad Mehldau. Que dire alors de plus pour vous convaincre que nous sommes face à l’un des artistes qui va marquer durablement son temps ? Peut être dire tout simplement que ce trentenaire allie maîtrise et feeling, fait corps avec son piano. En trio, son jeu est porté par le contrebassiste Larry Grenadier et le batteur Jorge Rossy, dans des morceaux qui se donnent du temps : la plupart font dix minutes ou plus.


Sur ce double live enregistré au Village Vanguard de New York, Mehldau reprend Gerschwin, « River man » de Nick Drake, ou le standard « Cry me a river », mais signe aussi quatre compositions. Avec grâce et technique, et un toucher exceptionnel, ce musicien fan de Led Zeppelin et de Schubert (et qui se refuse à créer des barrières entre « grande » musique et musiques populaires), affirme de plus en plus son style. Un style fait d’ouverture d’esprit, du refus d’être élitiste, n’en déplaise aux puristes du jazz, qui voient d’un mauvais oeil ce rejeton turbulent.


« Progression » qui sonne comme un slogan, porte bien son nom : si la musique est progrès (cf le texte du livret écrit par Mehldau himself), c’est album en est le manifeste.


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Brad Mehldau « Progression. The art of the trio volume 5 », 2 CD (Warner Jazz), 2001