Si vous aimez les disques qui respirent, qui s’écoutent les yeux fermés et la tête en mouvement, « Kravetz » mérite une place d’honneur dans vos rotations. Chaque note, chaque silence, chaque montée d’orgue y raconte une histoire qui, plus de cinquante ans après sa sortie, n’a jamais cessé d’être pertinente, et attend toujours d’être pleinement entendue.
Mois : décembre 2025
Journal intime en apesanteur, « Baby » capte Dijon au moment précis où l’émotion déborde la forme : un disque fragile, domestique, traversé de cassures et d’élans inaboutis, qui préfère la vibration de l’instant à la solidité des chansons.
Sous ses allures discrètes, « Care in the Community » installe Monk & Canatella au cœur de la vague bristolienne. Un premier album criblé de bruitages urbains, de beats brisés et d’ambiances nocturnes, parfait contrechamp sombre et vulnérable à la vague montante du trip-hop en ces années 90.
Un album d’isolement et de perfectionnisme, dense sans jamais devenir opaque, cérébral sans se glacer. Une œuvre refermée sur elle-même, mais le regard obstinément tourné vers le ciel. « Andromeda Heights » ne cherche ni l’adhésion immédiate ni la consolation facile : il construit son propre monde, et invite l’auditeur à y séjourner.
Un disque taillé au scalpel, où Navy Blue transforme ses failles en prises d’escalade et grimpe sans filet entre ombre et lumière. Une montée sèche, tendue, qui tranche et soulève tout à la fois. Bleu Marine a touché le fond de la piscine, et c’est de là qu’il remonte, lame entre les dents, avec un disque qui fend l’eau et perce la surface d’un seul geste.
Avec « Collide », Leif transforme l’électronique en chambre d’échos émotionnelle : un disque de frottements, de souvenirs mal rangés et de matières sonores qui s’entrechoquent sans jamais se neutraliser. Un album discret, mais majeur, qui confirme l’art singulier du producteur britannique à faire de l’accident une esthétique et du fragment une forme de grâce.
Nouvel objet pop de This Is Lorelei, « Holo Boy » tient davantage de l’anthologie réinventée que de l’album classique : dix titres réenregistrés, puisés dans le vaste catalogue Bandcamp de Nate Amos (2014-2021), enfin réunis en une collection cohérente où s’affirme une voix singulière de l’indie américain.
Sur son deuxième album, Cola transforme le post-punk en exercice de style subtil : rigueur, textures inattendues et ironie lettrée s’y mêlent pour créer une musique tendue, épurée et profondément vivante.
Dans un village isolé des Hautes‑Alpes à la fin du XIXᵉ siècle, une institutrice tente d’enseigner la liberté de penser. Louise Hémon signe un premier long métrage où neige, vent et solitude deviennent autant de personnages, entre réalisme social et fable poétique.
Le sociologue et juriste Sacha Lévy-Bruhl démonte une idée reçue tenace : non, l’État social n’a pas été démantelé. Il s’est transformé en instrument de contrôle, de mise au travail et de discipline des classes populaires. Un essai indispensable pour comprendre ce que l’action publique fait aujourd’hui à la pauvreté.
