Beaucoup de bruit pour du miel
Apiculteur, joueur de bluegrass et bavard impénitent, Matthew McConaughey porte « Oklahoma Honey » à bout de bras. Trop, peut-être. Un départ prometteur, puis le film se perd en route.
Le début a tout pour plaire. Ça claque, ça swingue, le bluegrass donne le tempo, et l’on se prend à rêver d’un nouveau film culte, un cousin rural de « The Big Lebowski ». Il y a un univers, de la musique, un personnage haut en couleur : Amziah King. Pour lui donner corps, Matthew McConaughey se donne à fond : on dirait un Roger Rabbit en chair et en os. Il a même appris la mandoline pour le rôle.
Mais justement, il en fait trop. Son personnage parle sans arrêt, et sa logorrhée finit par épuiser. Surtout, la seconde partie, portée par la jeune Angelina LookingGlass, bascule dans le thriller sans jamais convaincre : rien n’y est plausible. Et Kurt Russell est en pilote automatique. Le miel tourne à l’aigre. Andrew Patterson reste un cinéaste prometteur. Qu’il resserre son propos, comme savent le faire les frères Coen : à chaque film un univers, des personnages typés, mais un ensemble qui reste cohérent.
