Il y a des jeux qui beuglent leur identité, qui te montrent leur budget avant même que tu presses une touche. « Animal Well », lui, t’attrape autrement : par le silence, l’obscurité, le clapotis d’un pixel humide qui sent la moisissure et le mystère. La première minute ressemble à la dernière – un monde qui ne se donne jamais, qui se découvre par effraction, presque à contre-jour. Le pitch ? Néant. Ou plutôt : pas besoin. Tu te réveilles dans un puits organique, un intestin géant, un ventre de pierre et de bêtes. Pas un mot, pas un tuto, pas une flèche. Billy Basso, le créateur, seul maître à bord, préfère te laisser tomber dans un univers construit comme un disque vinyle : dense, labyrinthique, rituel. Chaque salle est une énigme, chaque énigme une rumeur, chaque rumeur une promesse de danger.