Catherine Meurisse embarque Henry David Thoreau dans une comédie d’écosabotage. Animaux bavards, patrons bornés, barrage à faire tomber : la nature, version joyeux bordel.
Catégorie : Bande dessinée
Derrière son trait faussement léger et son succès critique, « Au-dedans » raconte moins la solitude contemporaine qu’une certaine manière, très occidentale et masculine, de la mettre en récit. Un album sensible, oui, mais aussi un objet très maîtrisé, qui dit autant ce qu’il montre que ce qu’il évite soigneusement.
Une mère décide d’ouvrir sa porte à une migrante, et c’est tout un monde qui se dérobe et se révèle derrière l’hospitalité de façade. « Ce que je sais de Rokia » ne glorifie pas l’accueil : il met à nu ses contradictions, ses malentendus et ses peurs, en faisant de la question migratoire un terrain narratif où la bonne volonté bute sur l’inconnu.
Avec son adaptation du roman de Philippe Claudel, Larcenet retourne la BD comme un gant et plonge dans les zones les plus grises de l’âme humaine. Un récit de village, de peur, de honte et de silence, où chaque case semble taillée dans l’os. Une œuvre monumentale, aussi belle que terrifiante.
Une BD qui pose la question du désir quand le corps change d’âge : tendre, troublante, parfois drôle et toujours sensible. « Les oies cendrées » tient sa ligne sans complaisance ni pathos, et c’est précisément ce qui la rend nécessaire.
Avec « La Dernière Reine », Jean-Marc Rochette taille un roman graphique minéral et tragique, où la beauté brutale des sommets sert de décor à une histoire d’amour, de guerre et de corps brisés. Un ouvrage incandescent, sec comme un coup de vent, qui rappelle que la BD peut encore mordiller la jugulaire. Beau, dur, radical. Un livre qui ne tient pas la main -et c’est tant mieux.
« Electric Miles, tome 1 : Wilbur » marque le grand retour de Fabien Nury et Brüno dans un univers métissé entre polar, science-fiction et mysticisme.
