En ne donnant pas un titre à rallonge à son nouvel album comme c’était souvent le cas par le passé, Liars annonce la couleur ; place à un peu de simplicité. Car rien n’est simple avec ce groupe : on le dit new-yorkais, mais ils se délocalisent ensuite à Berlin, et le personnel change (Pat Nature et Ron Albertson sont partis après « They threw us in a trench and put a monument on top »). Reste donc au centre la figure imposante (1,90 m) de l’Austratlien Angus Andrew qui explique : « cette fois nous nous sommes dit que nous avions le droit de ne pas tout expliquer tout le temps ou de faire des chansons simples. » L’efficacité prime donc dans ces titres d’indus-pop (fini les morceaux qui durent de longues dizaines de minutes). C’est dans un ancien studio de radio de l’Allemaagne de l’Est, Planet Roc, que cet album é été enregistrée et s’il convoque quelques fantômes (les ambiances sépulcrales de Joy Division par exemple), il fait la part belle à un rock bruitiste qui a abandonné l’art pour l’art d’hier sans se renier, mais offre aujourd’hui un son recevable par le plus grand nombre.