Laurent Lemire raconte l’invention de la Pascaline. Un récit documenté et limpide, qui fait du penseur des Pensées un artisan obstiné.
Catégorie : À lire
Dans « Stanislas », l’écrivain dandy revient sur ses années dans le collège catholique le plus chic de Paris. Un récit à vif, précieux pour comprendre l’homme, moins pour découvrir l’auteur.
Catherine Meurisse embarque Henry David Thoreau dans une comédie d’écosabotage. Animaux bavards, patrons bornés, barrage à faire tomber : la nature, version joyeux bordel.
Avec « Les Maisons parachutées », Didier Daeninckx remonte le temps jusqu’à une France provinciale du début des années 50 où les morts de la guerre ne sont pas encore tout à fait morts. Une enquête lente, précise, qui se savoure chapitre après chapitre et dont le titre ne révèle son sens qu’à la dernière page.
Avec Gregor, Jean Echenoz s’inspire très librement de Nikola Tesla pour raconter un homme dévoré par ses inventions, qui semble progressivement se retirer du monde. Un roman tendre et légèrement acide sur l’obsession, le génie qui ne rapporte pas forcément d’argent et les pigeons.
Un polar montagnard ? Oui. Mais surtout une descente dans la glace intérieure des hommes. Giono n’écrit pas : il tranche.
Derrière son trait faussement léger et son succès critique, « Au-dedans » raconte moins la solitude contemporaine qu’une certaine manière, très occidentale et masculine, de la mettre en récit. Un album sensible, oui, mais aussi un objet très maîtrisé, qui dit autant ce qu’il montre que ce qu’il évite soigneusement.
Avec « Triste tigre, Neige Sinno refuse les récits réparateurs et les mises en forme attendues de la violence sexuelle. Ni témoignage cathartique ni manifeste, le livre explore ce que la littérature peut -et surtout ne peut pas- face à l’inceste, en faisant de la lecture elle-même un terrain de trouble.
Une mère décide d’ouvrir sa porte à une migrante, et c’est tout un monde qui se dérobe et se révèle derrière l’hospitalité de façade. « Ce que je sais de Rokia » ne glorifie pas l’accueil : il met à nu ses contradictions, ses malentendus et ses peurs, en faisant de la question migratoire un terrain narratif où la bonne volonté bute sur l’inconnu.
Avec son adaptation du roman de Philippe Claudel, Larcenet retourne la BD comme un gant et plonge dans les zones les plus grises de l’âme humaine. Un récit de village, de peur, de honte et de silence, où chaque case semble taillée dans l’os. Une œuvre monumentale, aussi belle que terrifiante.
