Dans un village isolé des Hautes‑Alpes à la fin du XIXᵉ siècle, une institutrice tente d’enseigner la liberté de penser. Louise Hémon signe un premier long métrage où neige, vent et solitude deviennent autant de personnages, entre réalisme social et fable poétique.
Étiquette : cinéma
Entre cavale, enquête et chronique intime, Kleber Mendonça Filho filme dans « L’Agent secret » le Brésil de 1977 comme un état de tension permanente. Un thriller politique habité par la mémoire, la peur ordinaire et le cinéma comme refuge.
La Palme d’Or cannoise de 1994 est un film sur la rédemption et sur le danger de baisser la garde. Mais pas que. Il est question de poser des choix. Et des pêches.
Jérôme Bonnell ausculte une tragédie bourgeoise fondée sur la servitude, le silence et l’abus de pouvoir. Sans cris ni slogans, à hauteur de gestes, de silences et de places assignées, « La Condition » filme la domination là où elle s’exerce le plus sûrement, derrière les rideaux épais d’une grande maison, et interroge ce que signifie tenir son rôle dans un monde qui ne laisse guère d’alternatives.
Dans le silence d’un salon et les interstices d’une famille en déséquilibre, Anna Cazenave Cambet explore l’après‑coup d’une vérité intime. Pas de flambée ni de scandale : juste une femme qui dit qu’elle aime les femmes, et un monde qui se dérègle autour d’elle. Un film subtil, tendu et nécessaire, qui s’inscrit dans la lignée du cinéma queer français.
On pourrait croire que « There Will Be Blood » raconte avant tout l’avidité pétrolière et la conquête économique dans l’Amérique du début du XXᵉ siècle. Et qu’il ne fait que ça, ce qui serait déjà très bien. Mais derrière chaque pipeline et chaque goutte de pétrole se cache un véritable drame humain.
Ce « Canto Due » marque le retour – miraculeux, après des années de chaos – de la trilogie initiée par « Canto Uno ». Un film attendu, chahuté, critiqué… et qui renoue avec l’obsession sensuelle et l’ambition narrative du réalisateur Abdellatif Kechiche. Mais après le tumulte, que reste-t-il ?
« On Falling » et « Les Braises » ne redonnent pas la parole aux petites gens, formule paternaliste dont ils n’ont que faire. Ils montrent ce que le cinéma ne regarde plus : des existences tenues par des gestes répétés, des horaires impossibles, une responsabilité écrasante et un espoir qui ne s’avoue pas. Et, en creux, ils posent la question : à quel moment a-t-on cessé de considérer ces vies comme dignes de fiction ?
François Ozon s’attaque à un monument de la littérature française, « L’Étranger » d’Albert Camus, et le fait avec une audace rare. Adapter ce roman, c’est se mesurer à une écriture sèche, lumineuse et philosophique, où chaque mot semble pesé pour ne rien dire de superflu. Ozon ne choisit pas la facilité : il ne cherche pas à “rendre Camus accessible”, mais à rendre visible ce que Camus avait rendu insaisissable, à savoir le détachement radical d’un homme face au monde.
Conan n’est pas un soldat comme les autres. Sa gouaille, sa brutalité et son sens personnel de la justice font de lui un guerrier, capable de frapper « vite, fort et tout le temps », et de se jouer des règles militaires. Tavernier signe un film sur l’ivresse de la guerre, ses excès et ses zones d’ombre morales.
