Étiquette : cinéma

Vertiges sous la neige

Vertiges sous la neige

Dans un village isolé des Hautes‑Alpes à la fin du XIXᵉ siècle, une institutrice tente d’enseigner la liberté de penser. Louise Hémon signe un premier long métrage où neige, vent et solitude deviennent autant de personnages, entre réalisme social et fable poétique.

La dictature en cinémascope

La dictature en cinémascope

Entre cavale, enquête et chronique intime, Kleber Mendonça Filho filme dans « L’Agent secret » le Brésil de 1977 comme un état de tension permanente. Un thriller politique habité par la mémoire, la peur ordinaire et le cinéma comme refuge.

« La Condition » : filmer les rapports de classe

« La Condition » : filmer les rapports de classe

Jérôme Bonnell ausculte une tragédie bourgeoise fondée sur la servitude, le silence et l’abus de pouvoir. Sans cris ni slogans, à hauteur de gestes, de silences et de places assignées, « La Condition » filme la domination là où elle s’exerce le plus sûrement, derrière les rideaux épais d’une grande maison, et interroge ce que signifie tenir son rôle dans un monde qui ne laisse guère d’alternatives.

L’intime comme champ de bataille invisible

L’intime comme champ de bataille invisible

Dans le silence d’un salon et les interstices d’une famille en déséquilibre, Anna Cazenave Cambet explore l’après‑coup d’une vérité intime. Pas de flambée ni de scandale : juste une femme qui dit qu’elle aime les femmes, et un monde qui se dérègle autour d’elle. Un film subtil, tendu et nécessaire, qui s’inscrit dans la lignée du cinéma queer français.

En première ligne

En première ligne

« On Falling » et « Les Braises » ne redonnent pas la parole aux petites gens, formule paternaliste dont ils n’ont que faire. Ils montrent ce que le cinéma ne regarde plus : des existences tenues par des gestes répétés, des horaires impossibles, une responsabilité écrasante et un espoir qui ne s’avoue pas. Et, en creux, ils posent la question : à quel moment a-t-on cessé de considérer ces vies comme dignes de fiction ?

Le soleil implacable de l’absurde

Le soleil implacable de l’absurde

François Ozon s’attaque à un monument de la littérature française, « L’Étranger » d’Albert Camus, et le fait avec une audace rare. Adapter ce roman, c’est se mesurer à une écriture sèche, lumineuse et philosophique, où chaque mot semble pesé pour ne rien dire de superflu. Ozon ne choisit pas la facilité : il ne cherche pas à “rendre Camus accessible”, mais à rendre visible ce que Camus avait rendu insaisissable, à savoir le détachement radical d’un homme face au monde.