Labradford, c’est l’évanescence érigée en art. Trio américain originaire de Richmond, Virginie, formé par Mark Nelson, Carter Brown et Robert Donne, ils ont redéfini le post-rock dans les années 90 en lui retirant ses derniers atours rock. Loin des envolées lyriques d’un Mogwai ou des compositions mathématiques d’un Tortoise, Labradford a déployé un art du murmure et de la lenteur, où chaque note semble suspendue dans l’espace.
Étiquette : experimental
YHWH Nailgun livre un disque qui refuse obstinément de s’expliquer. Dix titres, un peu plus de vingt minutes, et l’impression d’avoir traversé un espace clos où l’air se raréfie vite. Appelons-le album, EP long ou manifeste compact, peu importe. Ce qui compte, c’est la densité.
Cet album pourrait passer pour un objet venu d’une autre planète, mais son étrangeté est étrangement rassurante. Anthony Manning, électron libre de l’IDM britannique, transforme la boîte à rythmes Roland R‑8 en instrument d’orfèvre : chaque clic, chaque battement semble mûri au microscope, recomposé, retourné sur lui-même jusqu’à ce que le geste mécanique devienne organique.
Un Britannique qui ne cherche pas à séduire en surface, mais sculpte le son comme on travaille le métal ou la pierre. Chaque percussion est un impact, chaque texture un souffle qui s’immisce dans le corps.
Oneohtrix Point Never « Tranquilizer » (Warp Records), 2025
Si l’on devait cartographier le paysage musical du post-rock, Tortoise en serait l’une des figures de proue. Fondé à Chicago en 1990 par Doug McCombs et John Herndon, le groupe s’est imposé par sa capacité à déconstruire les codes du rock traditionnel pour le fondre dans un alliage complexe de jazz, de dub, de musique électronique et de minimalisme expérimental.
Depuis les débuts dans l’underground new‑yorkais jusqu’aux affluents du rock alternatif globalisé, Sonic Youth a toujours cultivé un paradoxe : transformer le chaos sonore en une expression intense et élégante. Guitares préparées, détunings, dissonances assumées et mélodies cachées : leur art est né au carrefour de l’expérimental et du populaire. Voici cinq jalons indispensables pour saisir leur trajectoire.
À 70 ans, Kim Gordon ne regarde pas en arrière. Plutôt que de s’installer dans le confort d’un héritage rock, elle façonne le bruit du futur avec « The Collective », un album où trap déconstruite, spoken-word spectral et beats industriels s’entrechoquent. Loin des guitares noisy de Sonic Youth, elle explore un territoire abrasif, radical, où chaque son semble taillé au scalpel.
D’habitude nos pépites du grenier sont des titres que vous avez déjà entendus et qui vont faire avec votre oreille la même chose que la petite madeleine que tonton Marcel trempait dans le thé. Mais -je consulte le cahier des charges des pépites, eh oui c’est bien ce qu’il me semblait, la pépite peut aussi être un truc totalement inconnu ou presque…
Archy Marshall n’a jamais été là où on l’attend. Après « 6 Feet Beneath the Moon » (2013) et ses fulgurances nocturnes, il revient avec « The OOZ », un disque labyrinthique, poisseux et insaisissable, qui confirme qu’il est l’un des artistes les plus fascinants de sa génération.
