Rich Ruth alias Michael Ruth signe un disque à la fois intime et vaste. Conçu dans le chaos de Nashville frappé par des tornades et le confinement de 2020, l’album naît du besoin de “sculpter quelque chose de significatif” à partir de la peur, de la perte et de l’incertitude. Dès l’ouverture, “Taken Back”, la musique s’impose comme une méditation : sitar, synthés, basses et batterie progressive composent des textures denses et planantes, comme un ciel orageux se dissipant lentement pour laisser place à la lumière. La richesse de la production – vents, cordes, guitares – est un premier point fort, conférant à chaque piste une profondeur rare et une sensation d’espace qui enveloppe l’auditeur.