Smith sonnait à la fois jeune et vieille sur son premier album, « Horses », en 1976. Jeune, parce qu’il faut une insolence juvénile pour lancer un disque avec une phrase comme « Jesus died for somebody’s sins, but not mine. » Vieille, parce qu’elle avait déjà tout compris, maîtrisant l’équilibre précaire entre la rage et la sophistication, la fureur punk et la poésie nocturne. Musicienne, elle est avant tout une tornade, l’ouragan Patti, tourbillon d’urgence viscérale, de lyrisme abrasif, un cri primal qui allait déchirer les années 70 et influencer toutes celles qui suivraient.