Pour son troisième album, Keren Ann, née en Israel, ayant vécu aux Pays Bas avant d’atterrir en France s’offre une nouvelle escale : le pays des songwriters. Ses chansons dépouillées dans la forme (mais pas dans le fond : belles mélodies, ambiances savoureuses) sont parfois des adaptations de chansons de son album « La disparition » (« End of may » est la version anglaise du « sable mouvant »). Elles ont un arrière-gout de flower power : « Road bin » évoque les années 70 et des groupes tels America ou The Mamas and Papas. A l’heure du « flower power », miss Zeidel jouait encore dans son parc, mais devenue une grande fille (qui continue à rêver, qu’on en juge avec Lady and Bird) elle s’essaie à en capter l’esprit. Et ce n’est pas pour s’amuser, « pour du beurre ». Elle est très convaincante. Avec « Right here, right now », elle prouve qu’avec un piano, quelques cordes, et une joli filet de voix, on peut signer une parfaite chanson pop. Les cuivres s’invitent parfois (« Polly », « Spanish song bird ») pour donner encore un peu plus de rondeur à ces titres graciles. Même s’il réalise l’album, Benjamin Biolay ne signe que cinq musiques avec Keren Ann, qui offre aussi sur cet album ses propres compositions, et propose un duo avec Bardi Johanson (« Ending song » et ses harmonies vocales stupéfiantes).