Yvinek au Studio de l’Ermitage, Paris, vendredi 21 mars 2003

Yvinek au Studio de l’Ermitage, Paris, vendredi 21 mars 2003

En interprétant live les morceaux de son premier album « Recycling the future », Daniel Yvinec livre un concert époustouflant d’intensité.

Le Studio de l’Ermitage est un lieu ouvert depuis peu, un lieu « différent » selon l’expression même de Daniel Yvinec, visiblement séduit par l’endroit. Située à quelques pas de Ménilmontant (mais oui, madaaame…), cette petite salle de la rue de l’Ermitage ressemble à un grand loft new-yorkais. Ambiance familiale pour accueillir Yvinek et ses trois musiciens : Pierre-Alain Goualch (claviers et machines), Bruno Paris (de nombreux cuivres) et un percussionniste qui manie aussi les tuyaux. Yvinek tient la contrebasse et la guitare et s’occupe des effets.

On commence par quinze bonnes minutes de paysages improvisés. A écouter les yeux fermés, religieusement. Je repense à la première Black Session à laquelle j’ai eu la chance d’assister, en 1997 : Labradford, et les smorceaux du groupe américain qui s’enchainaient, sans que personne ose applaudir, pour ne pas rompre le charme. Après ces quelques mouvements qui forment une suite improvisée, débute la recréation de « Recycling the future. » Un premier album de jazz minimal, minéral, teinté d’une électronique subtile et froide. Photek qui découvre la note bleue. Invité de dernière minute, un rappeur du groupe Earthling (groupe trip hop méconnu, dont l’album « Radar » est l’un des albums-phares de 1995) vient scander des textes en anglais sur deux titres. Les titres s’enchainent, en apesanteur, et derrière le quartet défilent des images qui collent parfaitement à l’ambiance, comme une vague sur le sable, qui s’avance puis repart. On s’installe avec délice dans ce coton sonore. Puis sur le mur, les images projetées laissent la place à un générique, qui présente chaque musicien. Ceux-ci disparaissent.

Retour quelques minutes plus tard des mêmes, pour un morceau de facture plus classique, qui clôt en beauté une soirée mémorable en forme de choc esthétique de l’année.

Jean-Marc Grosdemouge

Merci à Agnès Thomas.

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Jean-Marc Grosdemouge

J-Marc Grosdemouge

Né en 1975 à Belfort, Jean-Marc fait de la radio depuis l'âge de 13 ans : radios associatives en Franche-Comté, puis RTL, où il a été chroniqueur régulier de « On en parlera demain », et France Inter pour « Les Nuits de l'été ». Titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine consacrée à la radio, il a aussi été enquêteur pour l'émission Capital. Ancien rédacteur en chef de M-la-Music.net, il a fondé A-C-I-D Magazine en 2017.

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