Programmatrice chez MTV et chroniqueuse pour la presse rock, Charlotte Blum a déjà consacré des livres à Marilyn Manson. Elle récidive avec non pas une bio du rockeur, mais un livre tout entier consacré au disque « Antichrist Superstar ».
Étiquette : rock
C’est l’histoire d’un groupe qui a traversé les années 90 comme une vieille bagnole américaine : peinture écaillée, moteur sublime, mais les passagers claquent la porte.
Né William Paul Borsey Jr en 1950, comme Stevie Wonder et la guerre de Corée, Willy DeVille c’était une silhouette élégante, un regard brûlant et une voix rocailleuse, trempée dans la nuit et les excès. Un artiste inclassable, baladé entre rock, blues, soul et influences latines, qui n’a jamais eu le succès qu’il méritait, mais dont l’aura demeure intacte. Retour sur six albums essentiels de cet esthète de la marge.
Certains groupes marquent l’histoire du rock, d’autres la pulvérisent. The Stooges, surgis du Detroit des années 60, n’ont laissé derrière eux que trois albums (du moins à leur époque), mais ont gravé leur nom en lettres de feu et de bruit. Iggy Pop, leader possédé, et ses acolytes ont redéfini la sauvagerie sonore, annonçant le punk bien avant qu’il ne prenne son nom. Entre guitares abrasives, performances autodestructrices et un mépris total des conventions, The Stooges ont incarné la révolte à l’état brut. Retour sur une discographie aussi courte qu’essentielle.
Manchester, 1976. Entre les usines qui crachent leur grisaille et la fureur punk qui explose, quatre jeunes gars montent un groupe. Ils s’appellent Warsaw d’abord, puis prennent un nom plus ambigu, plus marquant : Joy Division. Un nom qui claque et qui dérange, inspiré des bordels de l’Allemagne nazie où les prisonnières étaient réduites en esclavage sexuel. Déjà, la marque d’un groupe qui veut mettre l’histoire et la douleur en musique.
Patti Smith est une enfant de Rimbaud, une poétesse en révolte, une voix qui transforme le chaos en art. Fascinée par la puissance des mots, elle a toujours cherché à insuffler la poésie dans la fureur du rock, comme un cri qui refuse de mourir. « Horses » est l’aboutissement de cette quête : un disque où Paul Verlaine et Hendrix se croisent dans une transe électrique, où chaque phrase est un coup de couteau dans le ventre du conformisme.
Si l’on devait cartographier le paysage musical du post-rock, Tortoise en serait l’une des figures de proue. Fondé à Chicago en 1990 par Doug McCombs et John Herndon, le groupe s’est imposé par sa capacité à déconstruire les codes du rock traditionnel pour le fondre dans un alliage complexe de jazz, de dub, de musique électronique et de minimalisme expérimental.
Depuis les débuts dans l’underground new‑yorkais jusqu’aux affluents du rock alternatif globalisé, Sonic Youth a toujours cultivé un paradoxe : transformer le chaos sonore en une expression intense et élégante. Guitares préparées, détunings, dissonances assumées et mélodies cachées : leur art est né au carrefour de l’expérimental et du populaire. Voici cinq jalons indispensables pour saisir leur trajectoire.
Avec cette trilogie, Robert Smith et ses acolytes ont figé l’essence de la mélancolie moderne en musique. Un triptyque où chaque album est une nuance de gris plus profonde que la précédente, un escalier en spirale descendante, sans filet ni retour en arrière. « Seventeen Seconds », « Faith », « Pornography » : trois disques, une seule immersion. Et aucune promesse de salut.
Un disque à ranger dans la discothèque des gens exigeants, entre Programme et Expérience, pas loin non plus de Joy Division, The Cure, The Chameleons. Vous avez déjà tous bijoux de 4AD (Bauhaus, This Mortal Coil, Dead Can Dance) ? Ce coup de coeur aux plaisir inconnus est un diamant noir de plus.
