Un trésor liquide, un album qui vous avale doucement avant de vous recracher ailleurs, quelque part entre la surface et l’inconnu. N’oubliez pas de remonter et pensez à faire des paliers.
Étiquette : 1991
Même à lui, ça pouvait lui arriver : en 1991 Prince doute, mais se réinvente. Et retrouve le sommet des ventes. « Diamonds and Pearls » capte un moment rare : celui d’un artiste contraint de négocier avec son époque, d’ouvrir son œuvre à d’autres voix, d’accepter la perte de contrôle. Un disque de transition, fragile et incandescent, où le génie apprend à ne plus être seul.
Le erveau tordu de Kevin Shields a inventé l’album à vivre : car oui « Loveless » est une expérience, un disque qui avale l’auditeur, le broie sous des vagues de guitare et le recrache hébété, groggy, sans qu’il puisse dire s’il vient d’assister à une messe païenne ou à une déflagration nucléaire sous codéine. Car « Loveless » est une hallucination, un précipice sonore, un disque dont les contours restent flous même après des centaines d’écoutes. Un disque qui semble toujours vivant, comme s’il se reconfigurait à chaque passage.Le erveau tordu de Kevin Shields a inventé l’album à vivre : car oui « Loveless » est une expérience, un disque qui avale l’auditeur, le broie sous des vagues de guitare et le recrache hébété, groggy, sans qu’il puisse dire s’il vient d’assister à une messe païenne ou à une déflagration nucléaire sous codéine. Car « Loveless » est une hallucination, un précipice sonore, un disque dont les contours restent flous même après des centaines d’écoutes. Un disque qui semble toujours vivant, comme s’il se reconfigurait à chaque passage.
Alors que le rap français n’en est qu’à ses balbutiements, un jeune homme du nom de Claude M’Barali, mieux connu sous le pseudonyme de MC Solaar, s’apprête à bouleverser la scène musicale hexagonale. Son premier album n’est pas seulement un titre à ralonge mais une promesse : celle d’une révolution sonore où les mots, tels des graines, sont semés avec une précision poétique pour récolter des rythmes envoûtants.
Entre spleen urbain et groove hanté, « Blue Lines » fusionne hip-hop, dub et soul pour inventer un son hypnotique et nocturne. Et jette les bases du trip-hop, une révolution musicale venue d’une ville métissée dont on entrendra beaucoup parler ensuite : Bristol.
Trois mecs, une batterie pétée et un album qui a tout changé. Rien ne prédestinait Nirvana à révolutionner la musique. Un trio grunge fauché, une rage sourde, et puis ce disque, sorti en 1991, qui allait balayer le rock FM et imposer une nouvelle génération. « Nevermind » n’était pas censé exploser. Mais en quelques mois, il est devenu l’album d’une époque, propulsant Kurt Cobain au rang d’icône malgré lui.
« Screamadelica », c’est l’after de l’after, l’aube après une nuit blanche, la descente après l’extase. Plus de trente ans après, certains n’ont toujours pas retrouvé le chemin du bercail. Ils disent qu’ils ont perdu leur Carte Orange, mais leurs yeux rougis trahissent le bobard. L’album n’appartient à aucun genre, c’est une montée (pas celle d’escalier), ou un crash à la J.G. Balard, mais au ralenti. Un disque à écouter à fond, de préférence à 3 heures du matin, dans un état second.
A un moment de son histoire, U2 a brûlé son passé pour renaître sous une autre forme. « Achtung Baby » est l’instant où l’icône devient caméléon. Un disque électrique, charnel, et toujours brûlant plus de trente ans après.
Avec cet album estival donc chaleureux, ponctué de titres épiques mais aussi de slows àtomber de sa chaise longue, l’Anglais Chris Rea nous emmène au volant d’un bolide taillé pour le route du blues-rock parfaitement MOR (middle of the road).
C’est l’album du retour, mais aussi celui de l’adieu. Six ans après « Brothers in Arms », qui avait propulsé Dire Straits au rang de mastodonte planétaire, On Every Street arrive comme une réponse tardive à un succès devenu trop lourd à porter. Mark Knopfler, plus solitaire que jamais, signe ici un album crépusculaire, loin de l’exubérance des années 80.
