En 1995, Fugazi refuse la ligne droite. « Red Medicine » n’est ni un disque de rupture franche, ni une synthèse confortable : c’est un pas de côté, un album qui s’infiltre, grince et contredit l’idée même d’un post-hardcore figé. Un disque inquiet, poreux, qui préfère la friction au slogan.
Étiquette : 1995
Coincé entre « Cindy » et « If You Only Knew », cet EP documente un moment de flottement créatif -et c’est précisément ce qui fait sa valeur. « I Guess I Would » ne cherche ni à relancer une dynamique, ni à faire oublier un silence. Il accepte l’entre-deux, l’habite pleinement. Un disque discret, presque absent, à la mélancolie diffuse.
Un éloge du ralenti signé Josh Haden. Un disque où la musique se dilate, où chaque silence est un vertige. Une œuvre suspendue entre le blues, le jazz et l’introspection la plus pure.
« Abbaon Fat Tracks » est un condensé de cette philosophie : un titre insaisissable, labyrinthique, où Tricky impose sa propre logique, refusant toute forme de lisibilité traditionnelle. Il ne se livre pas, il se dilue, il trouble, il dérange. Et c’est précisément ce qui en fait une pièce essentielle de l’équation Maxinquaye.
Certes, Jeffrey Lebowski, alias le Duc, traîne ses guêtres dans les allées du bowling local, bière à la main et robe de chambre en guise de tenue de combat. Mais le bowling n’est qu’un décor, un espace où se rejoue l’absurdité du monde, où s’échouent les âmes perdues de Los Angeles. Un lieu de rendez-vous, pas un but en soi.
L’onde de choc jungle qui a tout changé : avec « Black Secret Technology », A Guy Called Gerald a écrit une page essentielle de la musique électronique. Peu connu du grand public, c’est un album culte, insaisissable, aussi fascinant qu’inépuisable.
En 1995, le groupe écossais Long Fin Killie publie « Houdini », un premier album aussi insaisissable que son titre le laisse entendre. À mi-chemin entre post-rock, shoegaze et indie rock expérimental, le disque s’écarte des conventions du genre tout en tissant un canevas musical d’une richesse rare.
Un exorcisme personnel
Dandysme pop. Un romantisme ombrageux, des guitares aux éclats feutrés et une voix qui frôle l’implosion : « Olympian » incarne cette Britpop des marges, plus élégiaque qu’arrogante. Ni hymne de stade ni manifeste arty, mais une confession à fleur de peau, portée par l’ombre bienveillante de « The Queen Is Dead ».
On peut avoir squatté le Top 50 en 1986, fait danser les foules sous un néon blafard et une boule à facettes, et finir, quelques décennies plus tard, en vieux loup solitaire du blues à la Jean-Jacques (Rousseau, pas Goldman). Et gratter une guitare dans un recoin oublié de l’hexagone. Pierre Schott en est la preuve, on a croisé son ombre sur ce disque.
