Count Indigo « Homme fatale »

Count Indigo « Homme fatale »
Trois ans après sa première apparition chez Tricatel, Count Indigo revient avec une soul élégante et hybride, quelque part entre Marvin Gaye et le dancefloor électronique.

J’ai découvert Count Indigo en 1999, sur la compilation « Au coeur de Tricatel » (troisième référence du label, ça doit être collector maintenant), avec le titre « Shopping for love »… et puis plus rien. J’ai pensé que ce garçon à la voix sensuelle était juste un ami du label qui avait enregistré un titre juste pour s’amuser… un peu comme Michel Houellebecq, qui, lui, a fait tout un album, et se produisait cette année-là à La Route du Rock, où le label avait décidé de se transporter.

J’avais tort de penser que je n’entendrais plus parler car voici Count Indigo avec un album black, classe, et entraînant, qui lorgne même vers la musique de discothèque millésimée « eighties » (« Loving it back again » me fait penser à « You’re my heart, you’re my soul » des Modern Talking). Autrement, celui qui a collaboré avec Burgalat et AS Dragon, mais aussi Variety Lab ou Ashley Beedle fait dans le sophistiqué pour une musique qu’il qualifie de « soul européenne ». Franchement, à l’écoute de « Sly conforts », sur lequel Count joue à merveille de sa voix de stentor, on signe tout de suite. Enregistré entre Paris, Londres et Copenhague ces dernières années, cet album alterne entre bijoux tendres dans le style Marvin Gaye ou Al Green (« Please join me »), bizarretés électroniques où l’univers de Prince croiserait celui de Matmos (les formidables « Homme fatale », « Exclusively yours ») et titres plus ouvertement destinés à danser (« If I could give you anything »), ce qui n’empêche pas le rafinement (« Playboys R’us »).

Entre la tradition soul et les recherches électroniques (« Say hello luxury my pretty pretty », son vocoder et ses synthés), Count Indigo n’a visiblement pas su choisir. Il a bien fait, puisqu’il a réussi un intriguant mariage des deux, ni trop cérébral, ni trop dancefloor. Cela valait bien la peine d’attendre trois ans.

★★★★☆

Count Indigo « Homme fatale », 1 CD (Tricatel), 2003

Trinity part II / What makes you so special / Low fidelity / Loving it back again / Sly comforts / Homme fatale / If I could give you anything / Exclusively yours / Shopping for love / Playboys R’us / Please join me / Say hello luxury my pretty pretty 

mardi 2 décembre 2003

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Jean-Marc Grosdemouge

J-Marc Grosdemouge

Né en 1975 à Belfort, Jean-Marc fait de la radio depuis l'âge de 13 ans : radios associatives en Franche-Comté, puis RTL, où il a été chroniqueur régulier de « On en parlera demain », et France Inter pour « Les Nuits de l'été ». Titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine consacrée à la radio, il a aussi été enquêteur pour l'émission Capital. Ancien rédacteur en chef de M-la-Music.net, il a fondé A-C-I-D Magazine en 2017.

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