Avec « Les Maisons parachutées », Didier Daeninckx remonte le temps jusqu’à une France provinciale du début des années 50 où les morts de la guerre ne sont pas encore tout à fait morts. Une enquête lente, précise, qui se savoure chapitre après chapitre et dont le titre ne révèle son sens qu’à la dernière page.
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Un trésor liquide, un album qui vous avale doucement avant de vous recracher ailleurs, quelque part entre la surface et l’inconnu. N’oubliez pas de remonter et pensez à faire des paliers.
Avec Gregor, Jean Echenoz s’inspire très librement de Nikola Tesla pour raconter un homme dévoré par ses inventions, qui semble progressivement se retirer du monde. Un roman tendre et légèrement acide sur l’obsession, le génie qui ne rapporte pas forcément d’argent et les pigeons.
Dans les années 80, alors que le rock français oscille entre la new wave synthétique et l’héritage post-Téléphone, L’Affaire Louis’ Trio apparaît comme un OVNI pop à l’élégance décalée.
Catherine Ringer est morte à 68 ans, emportée par un cancer foudroyant. Avec Fred Chichin, elle avait inventé les Rita Mitsouko, l’un des groupes les plus libres et les plus difficiles à enfermer dans une case de la musique française. Mais Ringer était devenue davantage qu’une chanteuse : une présence familière, presque intime, dont beaucoup avaient le sentiment qu’elle leur appartenait un peu.
Un polar montagnard ? Oui. Mais surtout une descente dans la glace intérieure des hommes. Giono n’écrit pas : il tranche.
Avec « Triste tigre, Neige Sinno refuse les récits réparateurs et les mises en forme attendues de la violence sexuelle. Ni témoignage cathartique ni manifeste, le livre explore ce que la littérature peut -et surtout ne peut pas- face à l’inceste, en faisant de la lecture elle-même un terrain de trouble.
Le sociologue et juriste Sacha Lévy-Bruhl démonte une idée reçue tenace : non, l’État social n’a pas été démantelé. Il s’est transformé en instrument de contrôle, de mise au travail et de discipline des classes populaires. Un essai indispensable pour comprendre ce que l’action publique fait aujourd’hui à la pauvreté.
Une mère décide d’ouvrir sa porte à une migrante, et c’est tout un monde qui se dérobe et se révèle derrière l’hospitalité de façade. « Ce que je sais de Rokia » ne glorifie pas l’accueil : il met à nu ses contradictions, ses malentendus et ses peurs, en faisant de la question migratoire un terrain narratif où la bonne volonté bute sur l’inconnu.
« Super » est un album qui ne hausse jamais la voix. Et c’est pour cette raison même, que trente ans après, il continue de se faire entendre.
