Valérie Lemercier sait tout faire. Passer du cinéma aux planches, de la comédie au drame, de l’ironie mordante à l’émotion sincère. En 1996, elle ajoute une nouvelle corde à son arc avec « Valérie Lemercier Chante », un album où l’actrice se réinvente en chanteuse pop, à mi-chemin entre la variété mutine et l’élégance désinvolte.
Étiquette : Disque
En 1991, « Nevermind » a fait de Nirvana un phénomène mondial, au grand désespoir de Kurt Cobain. Deux ans plus tard, « In Utero » est une tentative à peine voilée de saborder ce succès. Un album rugueux, inconfortable, hanté par la douleur et la colère, qui tranche avec la propreté de son prédécesseur.
A base d’humour provoc’ et de bricolage musical, à mi-chemin entre l’artisanat punk et le cabaret rural, et qui donne à l’album une texture unique, cet enregistrement public est un O.V.N.I., qu’on peut également visionner.
À la fin des années 90, la drum & bass s’essaie à la pop, et « Ultra Obscene » en est l’un des meilleurs exemples. Derrière ce projet éphémère, on retrouve Roni Size et DJ Die, figures de la scène jungle de Bristol, épaulés par la chanteuse Léonie Laws. L’idée ? Injecter du chant et du songwriting dans un genre souvent instrumental et club-friendly.
« Eden » a la suprême élégance de pas chercher à s’imposer. Il glisse dans l’air comme une fin d’après-midi d’été, laissant derrière lui des effluves de bossa nova, de jazz et de mélancolie pop. Au risque de rester éternellement un bjou pop pour amateurs ? C’est mal nus connaître, et l’on va se faire un plaisir de le (re)mettre en lumière pour qu’il brille de mille feux.
Cocteau Twins « Heaven or Las Vegas », 1 CD (4AD), 1990
Un disque en équilibre instable, entre bruit blanc et mélodies sucrées, entre chaos et extase. Un album qui semble vouloir s’effondrer à chaque seconde, mais qui tient miraculeusement debout, porté par une arrogance glaciale et une vision démente du rock’n’roll.
« Screamadelica », c’est l’after de l’after, l’aube après une nuit blanche, la descente après l’extase. Plus de trente ans après, certains n’ont toujours pas retrouvé le chemin du bercail. Ils disent qu’ils ont perdu leur Carte Orange, mais leurs yeux rougis trahissent le bobard. L’album n’appartient à aucun genre, c’est une montée (pas celle d’escalier), ou un crash à la J.G. Balard, mais au ralenti. Un disque à écouter à fond, de préférence à 3 heures du matin, dans un état second.
Avec « Pumpkin », Tricky poursuit son exploration des zones grises de l’âme humaine, là où la lumière vacille et où l’ombre semble prendre racine. Cinquième piste de Maxinquaye, ce morceau est une lente immersion dans un univers trouble, mêlant poésie désabusée et textures sonores en clair-obscur. Si le trip-hop avait un cœur battant, « Pumpkin » serait l’une de ses pulsations les plus énigmatiques.
Quand « La Veillée des chaumières » rencontre « Rock & Folk », quand la musique du diable se pratique comme le Sabbat en milieu rural. Cet « Emile »_là n’est pas un traité d’éducation à la Rouseau mais un livre d’histoires qu’on écoute au crépuscule, au coin d’un feu, en attendant que les esprits des bois viennent murmurer à notre oreille.
