Trente ans de brumes, de bandes magnétiques fatiguées et de messages cachés. Avec « Inferno », sorti au printemps, les frères écossais signent leur chef-d’œuvre. Retour sur cinq albums qui ont hanté nos nuits.
Étiquette : Ecosse
Falkirk, Écosse, milieu des années 90. Aidan Moffat et Malcolm Middleton bricolent leurs premières chansons avec peu de moyens, beaucoup de guitares, une boîte à rythmes et l’envie manifeste de ne surtout pas ressembler aux groupes qui remplissent alors les pages de la presse musicale britannique.
Il est des disques qui cherchent la lumière mais « Hats », lui, ne sort qu’à la nuit tombée. Il préfère la pénombre, les reflets sur l’asphalte mouillé, les trajets en taxi sans destination claire, les silences qui pèsent plus lourd que les mots. Paru à l’automne 1989, il reste l’un des sommets les plus discrets, et les plus bouleversants, de la pop britannique de la fin du siècle.
Un duel qui s’étire jusqu’à l’absurde, une haine plus tenace que la mort, un frère qu’on croit disparu mais qui revient, encore et encore. « Le Maître de Ballantrae » c’est du Tarantino avant l’heire : un roman d’aventure en forme de piège narratif, un jeu de faux-semblants où l’on croit toucher au dénouement, avant que Stevenson ne relance la partie. Entre manipulations, trahisons et vengeance sans fin, ce thriller explore une vérité plus sombre : les morts ne restent jamais sous terre.
Glasgow, 1995. Trois gamins bercés par le shoegaze et l’underground britannique décident de noyer le monde sous des vagues sonores. Stuart Braithwaite (guitare, chant), Dominic Aitchison (basse) et Martin Bulloch (batterie) forment Mogwai, un nom piqué aux Gremlins, sans raison précise, juste parce que ça sonne bien. Barry Burns (claviers, flûte, guitare) les rejoint en 1998, histoire d’élargir encore la palette.
En 1995, le groupe écossais Long Fin Killie publie « Houdini », un premier album aussi insaisissable que son titre le laisse entendre. À mi-chemin entre post-rock, shoegaze et indie rock expérimental, le disque s’écarte des conventions du genre tout en tissant un canevas musical d’une richesse rare.
Cocteau Twins « Heaven or Las Vegas », 1 CD (4AD), 1990
Le pseudo est italien, mais le genre né à Detroit, l’artiste est écossais et le label français : dès le départ, cet album annonce la couleur, les étiquettes vont valser. En 2002, avec « Beats n Bobs », Jason Robertson livre un disque caméléon qui brouille les frontières entre deep house, nu jazz, downtempo et rythmes africains. C’est une invitation au voyage, mais pas celui que l’on planifie avec un guide : ici, on part à l’instinct, porté par des grooves suaves et des mélodies raffinées.
Après l’immense succès de « Heaven or Las Vegas » (1990), les Cocteau Twins passent de chez 4AD à Fontana et y livrent Four Calendar Café, un album qui séduit par sa subtilité. Sans chercher à réinventer leur son, le groupe y glisse quelques touches inédites, tout en restant fidèle à son univers éthéré.
En 1997, pour ceux qui ne lisent pas le notes de pochettes des album, c’est un inconnu qui signe l’un des albums les plus remarqués de l’année : originaire de Glasgow, Craig Armstrong est l’arrangeur de Massive Attack. Et il va propulser le trip hop dans une nouvelle dimension : classique, intemporelle, très classe.










