En 1986, Peter Gabriel réussit un équilibre rare : concilier ambition artistique et succès populaire. Avec So, il sculpte un album à la fois limpide et foisonnant, où chaque son semble pesé au milligramme. Entre l’urgence de « Sledgehammer », la grâce suspendue de « Don’t Give Up » et l’hypnose nocturne de « Mercy Street », il façonne une pop cérébrale et viscérale, portée par une production révolutionnaire. Quarante ans plus tard, cette œuvre reste un sommet d’épure et de maîtrise, preuve qu’un architecte du son peut aussi construire des cathédrales émotionnelles.