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Primal Scream « Screamadelica », chants de l’’extase

Primal Scream « Screamadelica », chants de l’’extase

« Screamadelica », c’est l’after de l’after, l’aube après une nuit blanche, la descente après l’extase. Plus de trente ans après, certains n’ont toujours pas retrouvé le chemin du bercail. Ils disent qu’ils ont perdu leur Carte Orange, mais leurs yeux rougis trahissent le bobard. L’album n’appartient à aucun genre, c’est une montée (pas celle d’escalier), ou un crash à la J.G. Balard, mais au ralenti. Un disque à écouter à fond, de préférence à 3 heures du matin, dans un état second.

Marianne Faithfull « Broken English », l’incandescence d’un retour « impossible »

Marianne Faithfull « Broken English », l’incandescence d’un retour « impossible »

Mais impossible n’est pas Marianne, qui a toujours eu pour elle l’élégance du chaos. Il est des albums qui sonnent comme des confessions, d’autres comme des règlements de compte. « Broken English » est les deux à la fois. Quand Marianne Faithfull revient en 1979, elle a envoyé paitre la muse fragile du Swinging London, c’est une rescapée qui porte sur ses épaules les cendres de la décennie passée. Héroïne, rue, trahisons et mépris médiatique : elle revient de tout et n’a plus rien à perdre. Alors, elle n’épargne rien : ni elle, ni nous.

Senser « Stacked Up », l’émeute sous stéroïdes

Senser « Stacked Up », l’émeute sous stéroïdes

Disque enragé, parfois imparfait, mais toujours urgent, « Stacked Up » est un instantané d’une époque où la fusion n’était pas un produit formaté, mais une explosion sonore née d’une colère bien réelle. Entre hip-hop, punk, metal et électro, Senser crache sa révolte sur fond de guitares hargneuses et de beats assassins. Un album où chaque riff est un pavé lancé contre l’ordre établi, chaque ligne un manifeste. Trente ans plus tard, la rage est intacte, et la question reste la même : « What’s going on? »

The Beatles « Revolver »

The Beatles « Revolver »

Il y a un avant et un après « Revolver ». Sorti en 1966, l’album marque un virage radical pour les Beatles, un moment où ils abandonnent définitivement le simple statut de groupe pop à succès pour devenir des créateurs de formes nouvelles. Si « Rubber Soul » avait amorcé le virage, ‘Revolver’ le parachève en explosant les codes, en injectant dans la pop des expérimentations sonores audacieuses et en multipliant les directions musicales. C’est un disque charnière, celui où le studio devient un laboratoire, où chaque chanson ouvre une nouvelle porte.

Leftfield « Leftism »

Leftfield « Leftism »

Pilier de la scène électronique anglaise, aux côtés de « Dubnobasswithmyheadman » d’Underworld, d »Exit Planet Dust » des Chemical Brothers, et de Prodigy, ce disque sonne aujourd’hui encore comme une anomalie magnifique dans le paysage, un voyage sonore où chaque recoin réserve une surprise, une texture, une vibration. Avec « Leftism », Leftfield a ouvert une brèche dans l’électro moderne. Un disque-pont, un disque-monde, une révolution en basse fréquence.

Jamiroquai « Emergency on Planet Earth »

Jamiroquai « Emergency on Planet Earth »

Avant de se passionner pour les grosses bagnoles, Jay Kay a déboulé en 1993 avec un album au contenu engagé, politique et écologique. Une charge électro-funk aussi irrésistible que politique, où l’urgence du propos rivalise avec la luxuriance de la production. Trente ans plus tard, il refuse de prendre une ride. L’album, pas Jay.

Happy Mondays « Pills ‘n’ Thrills and Bellyaches »

Happy Mondays « Pills ‘n’ Thrills and Bellyaches »

Pilules, frissons et crampes d’estomac, pas top le programme. Sauf s’il s’agit non d’un retour de virée merdique mais de cet album. La bande de joyeux allumés menée par Shaun Ryder y capture l’agitation frénétique de Manchester au tournant des années 1990, à un moment où la fête devient une philosophie et le chaos une esthétique. C’est une fusion brute entre rock primal et transe rave, une alchimie qui fait suinter l’insolence et l’excès à chaque note. Sous la production impeccable de Paul Oakenfold et Steve Osborne, le groupe parvient enfin à canaliser sa déglingue créative en quelque chose de massif, sensuel et immédiatement addictif.