Vingt-quatre ans de silence, une éternité dans le monde de la pop. Et pourtant, Everything But the Girl revient avec « Fuse », un album inespéré où Ben Watt prouve qu’il n’a rien perdu de son génie des machines, et où la voix de Tracey Thorn, légèrement voilée par le temps, reste toujours impériale.
Étiquette : Royaume-Uni
Dandysme pop. Un romantisme ombrageux, des guitares aux éclats feutrés et une voix qui frôle l’implosion : « Olympian » incarne cette Britpop des marges, plus élégiaque qu’arrogante. Ni hymne de stade ni manifeste arty, mais une confession à fleur de peau, portée par l’ombre bienveillante de « The Queen Is Dead ».
Si vous avez grandi dans les années 90, vous avez sûrement entendu ce banger sifflé
À la fin des années 70, le punk explose, mais lui arrive par la porte arrière, élégant et déjà trop raffiné pour le chaos. Avec The Police, il impose un son hybride, tendu et dansant, où le reggae s’invite dans le rock, où la basse groove sous une voix haut perchée.
En 2012, Frank Ocean sort un disque qui va redéfinir le R&B moderne et marquer la musique populaire de la décennie. « Channel Orange » prend la forme d’une immersion sensorielle, une plongée dans la psyché d’un artiste qui brouille les frontières entre soul, hip-hop et storytelling cinématographique.
Un disque où l’électronique, le jazz, la world music et la drum and bass s’entrelacent pour peindre une fresque intime et politique sur la diaspora sud-asiatique. Face à la bombe nucléaire qui s’implante dans le sous -continent indien, Nitin Sawhney transcende le simple cadre du trip-hop ou de l’ambient pour toucher à quelque chose de plus universel.
À la fin des années 90, la drum & bass s’essaie à la pop, et « Ultra Obscene » en est l’un des meilleurs exemples. Derrière ce projet éphémère, on retrouve Roni Size et DJ Die, figures de la scène jungle de Bristol, épaulés par la chanteuse Léonie Laws. L’idée ? Injecter du chant et du songwriting dans un genre souvent instrumental et club-friendly.
« Eden » a la suprême élégance de pas chercher à s’imposer. Il glisse dans l’air comme une fin d’après-midi d’été, laissant derrière lui des effluves de bossa nova, de jazz et de mélancolie pop. Au risque de rester éternellement un bijou pop pour amateurs ? C’est mal nus connaître, et l’on va se faire un plaisir de le (re)mettre en lumière pour qu’il brille de mille feux.
Cocteau Twins « Heaven or Las Vegas », 1 CD (4AD), 1990
Un disque en équilibre instable, entre bruit blanc et mélodies sucrées, entre chaos et extase. Un album qui semble vouloir s’effondrer à chaque seconde, mais qui tient miraculeusement debout, porté par une arrogance glaciale et une vision démente du rock’n’roll.
