Dandysme pop. Un romantisme ombrageux, des guitares aux éclats feutrés et une voix qui frôle l’implosion : « Olympian » incarne cette Britpop des marges, plus élégiaque qu’arrogante. Ni hymne de stade ni manifeste arty, mais une confession à fleur de peau, portée par l’ombre bienveillante de « The Queen Is Dead ».
Étiquette : Album
À la fin des années 70, le punk explose, mais lui arrive par la porte arrière, élégant et déjà trop raffiné pour le chaos. Avec The Police, il impose un son hybride, tendu et dansant, où le reggae s’invite dans le rock, où la basse groove sous une voix haut perchée.
En 2012, Frank Ocean sort un disque qui va redéfinir le R&B moderne et marquer la musique populaire de la décennie. « Channel Orange » prend la forme d’une immersion sensorielle, une plongée dans la psyché d’un artiste qui brouille les frontières entre soul, hip-hop et storytelling cinématographique.
C’est l’histoire d’un disque né sous une mauvaise étoile, un disque maudit, un opéra-rock hallucinogène et prophétique, conçu dans l’excès et la folie d’un monde qui vacille. Album conceptuel sur l’Apocalypse de Saint-Jean, « 666 » est franchement à part, il fourmille d’expérimentations sonores et aurait pu tout autant s’appeler « La Divine Comédie » (Dante l’avait déjà pris, ballot) ou « Le Livre des Révélations selon Vangelis et Demis Roussos ».
Déjà auteurs de somptueux albums, le trio new-yorkais revient et il ne faut pas se fier aux couleurs d’emballage de dragées de la pochette. Miss Makino and the Pace Brothers plongent tête la première dans le spleen digital. Pour rapporter des perles à rentrer entre « Faith » de Cure et « Victorialand » de Cocteau Twins (les fans ultra sont censés tiquer en lisant ce que je viens d’écrire).
Un disque où l’électronique, le jazz, la world music et la drum and bass s’entrelacent pour peindre une fresque intime et politique sur la diaspora sud-asiatique. Face à la bombe nucléaire qui s’implante dans le sous -continent indien, Nitin Sawhney transcende le simple cadre du trip-hop ou de l’ambient pour toucher à quelque chose de plus universel.
On peut avoir squatté le Top 50 en 1986, fait danser les foules sous un néon blafard et une boule à facettes, et finir, quelques décennies plus tard, en vieux loup solitaire du blues à la Jean-Jacques (Rousseau, pas Goldman). Et gratter une guitare dans un recoin oublié de l’hexagone. Pierre Schott en est la preuve, on a croisé son ombre sur ce disque.
Disque sincère, habité, à vif, entre rage et douceur, « Huit Barré » avance en funambule, loin des formats calibrés. Brut et subtil, incandescent et intime, il incarne une perfection du rock français que beaucoup ne réalisent qu’aujourd’hui. Avant les gilets jaunes, Daran avait déjà imaginé un rock des ronds points, pour la France archipélisée. Un sommet sous-estimé du rock français, à redécouvrir.
Cet album n’est pas juste une mutation de la drum and bass, c’est une reprogrammation complète du cerveau du genre.
Valérie Lemercier sait tout faire. Passer du cinéma aux planches, de la comédie au drame, de l’ironie mordante à l’émotion sincère. En 1996, elle ajoute une nouvelle corde à son arc avec « Valérie Lemercier Chante », un album où l’actrice se réinvente en chanteuse pop, à mi-chemin entre la variété mutine et l’élégance désinvolte.
