Étiquette : Coup de coeur

Aphrodite’s Child « 666 »

Aphrodite’s Child « 666 »

C’est l’histoire d’un disque né sous une mauvaise étoile, un disque maudit, un opéra-rock hallucinogène et prophétique, conçu dans l’excès et la folie d’un monde qui vacille. Album conceptuel sur l’Apocalypse de Saint-Jean, « 666 » est franchement à part, il fourmille d’expérimentations sonores et aurait pu tout autant s’appeler « La Divine Comédie » (Dante l’avait déjà pris, ballot) ou « Le Livre des Révélations selon Vangelis et Demis Roussos ».

Blonde Redhead « Penny Sparkle »

Blonde Redhead « Penny Sparkle »

Déjà auteurs de somptueux albums, le trio new-yorkais revient et il ne faut pas se fier aux couleurs d’emballage de dragées de la pochette. Miss Makino and the Pace Brothers plongent tête la première dans le spleen digital. Pour rapporter des perles à rentrer entre « Faith » de Cure et « Victorialand » de Cocteau Twins (les fans ultra sont censés tiquer en lisant ce que je viens d’écrire).

Nitin Sawhney « Beyond Skin »

Nitin Sawhney « Beyond Skin »

Un disque où l’électronique, le jazz, la world music et la drum and bass s’entrelacent pour peindre une fresque intime et politique sur la diaspora sud-asiatique. Face à la bombe nucléaire qui s’implante dans le sous -continent indien, Nitin Sawhney transcende le simple cadre du trip-hop ou de l’ambient pour toucher à quelque chose de plus universel.

Daran « Huit Barré »

Daran « Huit Barré »

Disque sincère, habité, à vif, entre rage et douceur, « Huit Barré » avance en funambule, loin des formats calibrés. Brut et subtil, incandescent et intime, il incarne une perfection du rock français que beaucoup ne réalisent qu’aujourd’hui. Avant les gilets jaunes, Daran avait déjà imaginé un rock des ronds points, pour la France archipélisée. Un sommet sous-estimé du rock français, à redécouvrir.

Nirvana, dans la chatte à ta mère

Nirvana, dans la chatte à ta mère

En 1991, « Nevermind » a fait de Nirvana un phénomène mondial, au grand désespoir de Kurt Cobain. Deux ans plus tard, « In Utero » est une tentative à peine voilée de saborder ce succès. Un album rugueux, inconfortable, hanté par la douleur et la colère, qui tranche avec la propreté de son prédécesseur.

Everything But The Girl « Eden »

Everything But The Girl « Eden »

« Eden » a la suprême élégance de pas chercher à s’imposer. Il glisse dans l’air comme une fin d’après-midi d’été, laissant derrière lui des effluves de bossa nova, de jazz et de mélancolie pop. Au risque de rester éternellement un bijou pop pour amateurs ? C’est mal nus connaître, et l’on va se faire un plaisir de le (re)mettre en lumière pour qu’il brille de mille feux.

Primal Scream « Screamadelica », chants de l’’extase

Primal Scream « Screamadelica », chants de l’’extase

« Screamadelica », c’est l’after de l’after, l’aube après une nuit blanche, la descente après l’extase. Plus de trente ans après, certains n’ont toujours pas retrouvé le chemin du bercail. Ils disent qu’ils ont perdu leur Carte Orange, mais leurs yeux rougis trahissent le bobard. L’album n’appartient à aucun genre, c’est une montée (pas celle d’escalier), ou un crash à la J.G. Balard, mais au ralenti. Un disque à écouter à fond, de préférence à 3 heures du matin, dans un état second.