Julien Gaspar-Oliveri filme de l’intérieur une famille abîmée et un garçon de dix-neuf ans qui voit progressivement ses repères se dérober. Un film d’un réalisme saisissant, porté par trois acteurs remarquables.
Mois : septembre 2026
Avec « Les Maisons parachutées », Didier Daeninckx remonte le temps jusqu’à une France provinciale du début des années 50 où les morts de la guerre ne sont pas encore tout à fait morts. Une enquête lente, précise, qui se savoure chapitre après chapitre et dont le titre ne révèle son sens qu’à la dernière page.
Un trésor liquide, un album qui vous avale doucement avant de vous recracher ailleurs, quelque part entre la surface et l’inconnu. N’oubliez pas de remonter et pensez à faire des paliers.
Trois heures quinze sur la fin de vie, les soins palliatifs, le travail et le capitalisme ? Sur le papier, « Soudain » aurait de quoi faire fuir. Pourtant Ryūsuke Hamaguchi signe un film étonnamment léger, porté par une rencontre et une amitié qui donnent envie, comme ses personnages, de continuer à parler.
Avec Gregor, Jean Echenoz s’inspire très librement de Nikola Tesla pour raconter un homme dévoré par ses inventions, qui semble progressivement se retirer du monde. Un roman tendre et légèrement acide sur l’obsession, le génie qui ne rapporte pas forcément d’argent et les pigeons.
Labradford, c’est l’évanescence érigée en art. Trio américain originaire de Richmond, Virginie, formé par Mark Nelson, Carter Brown et Robert Donne, ils ont redéfini le post-rock dans les années 90 en lui retirant ses derniers atours rock. Loin des envolées lyriques d’un Mogwai ou des compositions mathématiques d’un Tortoise, Labradford a déployé un art du murmure et de la lenteur, où chaque note semble suspendue dans l’espace.
Pour décrire cet album, Pitchfork a dit qu’il est recommandé si vous aimez « Ptah, the El Daoud, Mwandishi, la musique comme force de guérison, la théosophie, un jazz essentiellement organique avec de temps en temps un petit synthé qui fait des gribouillis, des interprétations de Chick Corea et de Kendrick Lamar ». On pourrait ajouter : les nuits brumeuses de Los Angeles, Alice Coltrane, les voyages intérieurs et cette idée, assez ancienne dans le jazz, que jouer de la musique revient parfois à tenter de remettre le monde en ordre.
Plus qu’un simple label, Factory Records était une révolution culturelle. Fondé en 1978 à Manchester par Tony Wilson, Alan Erasmus et Peter Saville (aux pochettes légendaires), il a redéfini le post-punk et posé les bases de la new wave, du rock alternatif et même de la rave culture. Expérimental, avant-gardiste, Factory était aussi un chaos financier absolu, culminant avec l’aventure de l’Hacienda, club mythique et gouffre économique.
Trip-hop de chambre. En 1997, alors que le genre impose ses ambiances brumeuses et urbaines, Alpha prend une autre direction : une plage ensoleillée, une musique orchestrale, feutrée, où la mélancolie se mêle à l’élégance d’arrangements somptueux.
Après quelques essais confidentiels, Cancer House sort de l’ombre pour mieux nous y replonger avec « The Moth », premier véritable album où le slowcore prend des airs de bande-son d’une lande battue par les vents.
