Rokia Traoré “Bowmboï”
Plongeant aux racines africaines du blues, Rokia Traoré réinvente l’héritage musical de son continent avec une grâce dépouillée. Dans Bowmboï, la chanteuse malienne mêle traditions et modernité, portée par une voix lumineuse et des collaborations prestigieuses, pour célébrer l’amour, la jeunesse et la dignité de son pays.
On fait souvent la grossière erreur de croire que le sud vient du sud des Etats-Unis. Si l’on veut bien chercher plus loin, c’est la musique que les esclaves noirs ont apporté avec eux. Le blues est donc né en Afrique. La Malienne Rokia Traoré, trente ans et trois albums à son actif, le sait bien, qui chante de sa voix aigûe des chansons où il est question de choses simples, comme l’amour (“A présent je suis forte de ton soutien, ta présence me rend heureuse” chante-t-elle dans sa langue sur “M’bifo”), la jeunesse (“Kôté don” s’adresse à elle), le destin (“Manian”). Cet album a été enregistré à Bamako et à Paris, et reçoit le renfort du Kronos Quartet (“Manian”, “Bowmboï”), et de son compatriote, le chanteur Ousmane Sako (“Mariama”).
A la fois traditionnel (par l’usage des percussions et du balafon) et moderne (Rokia interprète ses propres chansons), “Bowmboï” est un concentré d’Afrique : même le dépouillement est source de beauté. Rokia l’évoque dans “Niènafing”, chant d’amour pour son pays, dont elle salue la “dignité dans le dénuement”.
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Rokia Traoré “Bowmboï” (Label Bleu)
