Artaud “Artaud”

Artaud “Artaud”

Depuis 2000, Arnaud Rebotini ne nous a plus donné de nouvelles sous le nom de Zend Avesta (même s’il en a donné sous celui de Black Strobe, mais dans un registre différents). Heureusement, l’un des collaborateurs de l’album “Organique” vient apaiser notre soif de musiques françaises instrumentales et aventureuses en signant un album qui s’approche parfois de l’univers dudit album. Et Rebotini participe à un titre (“DasVerbrechen”) en assurant les programmations. Lionel Belmondo (flûte, sax ténor et mixage en compagnie de son frère Stéphane) est aussi de la partie, qui se joue dans un dédale de références, et se plait à nous perdre tout en nous glissant de ci, de là, une citation connue.

Notre Artaud en question, qui fait office de Minotaure, ne s’appelle pas Antonin, mais Vincent. Il joue de la contrebasse. Et n’est pas fou, sinon fou de musique. Cela se sent : jazz, électronique et musique contemporaine, cohabitent agréablement. L’ombilic d’Artaud est directement raccordé au paradis de la musique, et non aux limbes de l’enfer de la soupe et du commerce. Le panthéon d’Artaud, c’est celui où Philip Glass, Steve Reich et quelques autres règnent. Il y a dans la manière dont les instruments à vent se répondent quelque chose de répétitif qui évoque les maîtres précédemennt cités.

Parfois sombre (“Primo” est un hommage à Primo Levi) mais le plus souvent lyrique et onirique, cette musique nous transporte, tout en étant du genre “complexe”. Mais de cette complexité rare (on parlera de “densité” pour être plus juste), c’est à dire qu’elle présente toutes ces qualités qu’on sait apprécier à leur juste valeur quand elles se présentent à nos oreilles.

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Artaud “Artaud” (B Flat Recordings/Discograph), 2004

Element 12 / Downtown / Agarta / Evola / DasVerbrechen / Isaac Resonnant / Element 1 / St Barthelemy / Primo / Bereshit

J-Marc Grosdemouge