La pop en apesanteur de Gaia Banfi
Même si l’Italie n’est pas ultra représentée dans la pop, il existe néanmoins dans la péninscule une scène aventureuse. Pour preuve, la fille de Baffo Banfi, claviériste de Biglietto per l’Inferno, groupe culte du progressif des années 70, vient de sortir avec “La Maccaia” un album aussi aérien qu’étrangement habité.
Gaia Banfi a grandi dans la musique, mais elle ne se contente pas de prolonger l’héritage paternel. Diplômée du conservatoire de Bologne, elle s’est progressivement tournée vers l’électronique et l’expérimentation, notamment aux côtés du producteur AKA5HA. Avec “La Maccaia“, elle trouve surtout un langage bien à elle, quelque part entre chanson, musique électronique et matière ambient.

Le titre désigne ce phénomène météorologique typique du golfe de Gênes, quand le sirocco charge l’air d’humidité et que la brume semble se confondre avec la mer. Une bonne image pour ce disque qui avance dans une sorte de brouillard lumineux, entre mélodies délicates, nappes électroniques et voix suspendue. Les arrangements peuvent prendre une ampleur presque épique, notamment sur “Seia“, mais Banfi sait toujours éviter le piège du grandiloquent.
On pense parfois à Bon Iver ou Radiohead, à Robert Wyatt aussi, mais “La Maccaia” ne ressemble pas à un exercice de références. Il y a surtout cette manière de faire cohabiter le minimalisme et les arrangements majestueux, l’intime et quelque chose de beaucoup plus vaste. Sept morceaux seulement, une trentaine de minutes, et pourtant un véritable espace se déploie. Banfi crée une musique qui donne envie de ralentir, de regarder par la fenêtre et de laisser la brume faire son travail.
★★★★☆
