The Sundays, l’éternité à voix basse
Certains groupes marquent leur époque à grands coups de guitares distordues et d’attitude tapageuse, et d’autres, dans un murmure, impriment leur empreinte dans l’inconscient collectif. The Sundays font indéniablement partie de la seconde catégorie. Avec seulement trois albums publiés entre 1990 et 1997, le quatuor britannique a su capturer une mélancolie lumineuse et aérienne, portée par la voix cristalline d’Harriet Wheeler et les compositions délicates de David Gavurin. Trop rares, presque insaisissables, ils ont laissé une discographie où chaque note semble suspendue dans le temps, à la croisée de la dream pop, du folk et du jangle pop. Retour sur une aventure aussi brève qu’inoubliable.
“Reading, Writing and Arithmetic” (1990)

Le premier album de The Sundays, “Reading, Writing and Arithmetic“, sort en janvier 1990 et propulse immédiatement le groupe sous les projecteurs. Porté par le single “Here’s Where the Story Ends“, cet album incarne une pop lumineuse et introspective, où la voix cristalline de Harriet Wheeler s’entrelace avec les guitares aériennes de David Gavurin. Il atteint la 4ᵉ place des charts britanniques, signe d’un succès critique et public fulgurant. L’album est souvent comparé aux œuvres des Smiths ou de Cocteau Twins, bien qu’il possède une sensibilité propre, plus douce et rêveuse. “Can’t Be Sure” et “I Won” sont d’autres joyaux d’une collection qui reste intemporelle.

“Blind” (1992)
Deux ans plus tard, “Blind” confirme le talent du groupe, tout en adoptant une tonalité plus sombre et texturée. Sorti en octobre 1992, cet album se distingue par une production plus travaillée et une ambiance introspective, parfois mélancolique. Il comprend “Goodbye“, single qui s’illustre par ses arrangements délicats et son chant fragile, ainsi qu’une superbe reprise du “Wild Horses” des Rolling Stones, qui deviendra un classique du groupe. Moins immédiat que son prédécesseur, Blind se révèle à l’écoute patiente, offrant des morceaux plus amples et immersifs, marqués par une section rythmique plus présente.

“Static & Silence” (1997)
Après cinq ans d’absence, The Sundays reviennent en 1997 avec un disque plus dépouillé et organique. Il marque un tournant dans la carrière du groupe, avec une approche plus chaleureuse et folk, sans perdre cette mélancolie qui leur est propre. Le titre “Summertime“, single phare de l’album, connaît un beau succès et démontre leur capacité à composer des mélodies intemporelles. D’autres morceaux comme “Cry” ou “Monochrome” explorent des textures plus acoustiques et des textes plus matures. Malgré des critiques globalement positives, leur troisième album reste le moins marquant aux yeux de certains fans, notamment parce qu’il sera leur dernier. Après cette sortie, The Sundays disparaissent progressivement de la scène musicale, laissant derrière eux une discographie concise mais précieuse.
Discrets, The Sundays ont néanmoins marqué la pop britannique des années 90 par leur approche délicate et intemporelle. Si leur influence reste plus discrète que certains de leurs contemporains, on retrouve leur empreinte chez des artistes comme Camera Obscura, Belle and Sebastian, ou même Florence and the Machine. Leur musique, portée par une production soignée et une sensibilité mélancolique, continue de séduire ceux qui recherchent une pop élégante et intemporelle.
